La Chaire Ville-Métabolisme : de quoi la ville est-elle le modèle ?

En réunissant architectes, chercheurs, étudiants, ingénieurs, urbanistes et designers, cette chaire interdisciplinaire veut inventer les outils et les savoirs qui permettront d’imaginer, concevoir et habiter les villes de demain. Cette démarche, volontairement ouverte et évolutive, prolonge les réflexions de Réenchanter les Champs-Élysées en cherchant à définir de nouveaux cadres de pensée pour la ville. Entre Saint-Dizier et l’axe Paris-La Défense, elle s’impose déjà comme un laboratoire collectif, où s’expérimentent de nouvelles manières de penser la complexité urbaine à l’ère des défis écologiques et démographiques. Groupama Immobilier agit comme un créateur de lien entre le monde académique et le monde professionnel. En favorisant le dialogue entre chercheurs, start-ups, PME et grands groupes, l’entreprise contribue à transformer des questionnements scientifiques en méthodes opérationnelles, capables de nourrir la fabrique de la ville de demain.

Photo de Perig Pitrou

Trois questions à Perig Pitrou, responsable scientifique de la Chaire Ville Métabolisme.

Qu’est-ce qui distingue la Chaire Ville Métabolisme dans le paysage académique actuel ?

La Chaire Ville Métabolisme se démarque par son ambition interdisciplinaire et collective. Portée par PSL, initiée par PCA-STREAM et soutenue par Groupama Immobilier et Artelia, elle lie chercheurs en sciences humaines, ingénieurs, architectes, artistes… Son objectif est de penser la ville autrement, comme un lieu de coexistence de métabolismes multiples, humains et non-humains, et d’en faire un terrain de recherche mais aussi de formation.

 

Pourquoi parler de la ville comme d’un « métabolisme » ?

Parce que la ville ne se résume pas à ses bâtiments ou à ses habitants : elle est traversée de flux — d’eau, d’énergie, de nourriture, de déchets — qui la rendent comparable à un organisme vivant. C’est aussi un environnement bâti où coexistent différents métabolismes, ce qui signifie qu’il convient de mieux intégrer dans l’analyse  les interactions entre humains, espèces vivantes et infrastructures dans une perspective écologique.

 

Quelle place pour le vivant non-humain dans la ville, selon cette approche ?

Même si nos villes modernes semblent conçues pour les humains, une multitude d’autres formes de vie y subsistent, parfois invisibles : plantes rudérales, animaux dits nuisibles, espèces cachées dans les parcs ou les interstices urbains. La Chaire invite à repenser la ville comme un lieu de coexistence entre espèces, mais sans oublier de réfléchir aux moyens de prendre soin de la fragilité des vies humaines.

Le projet en vidéo

Ce qu’il faut retenir

Portée par l’Université PSL et initiée par l’agence d’architecture PCA-STREAM, la Chaire Ville Métabolisme est un programme interdisciplinaire de recherche-action soutenu par Groupama Immobilier, Artelia et PCA-STREAM.

Le point de départ est une analogie forte : considérer la ville comme un métabolisme, un organisme vivant traversé de flux, où chaque organe – transport, énergie, logement, culture, etc. – entretient des relations complexes avec les autres. L’enjeu est de développer des méthodes capables de « diagnostiquer » cet organisme, d’en comprendre l’équilibre et d’identifier les leviers qui favorisent sa vitalité.

Les axes fondateurs de la chaire s’organisent autour de trois grands volets :

  • Comprendre : analyser la dynamique des villes dans le temps, leurs strates successives et leurs flux, pour saisir leur fonctionnement comme systèmes vivants.
  • Évaluer : définir des indicateurs de « santé urbaine », croisant données quantitatives et vécus des habitants, afin de mesurer l’impact des transformations.
  • Expérimenter : tester ces approches sur des territoires contrastés – de La Défense à Saint-Dizier – pour éprouver la robustesse du modèle et nourrir des cadres d’action concrets.

La chaire en pratique

La Chaire mobilise étudiants et étudiantes en formation, enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses et entreprises mécènes autour de programmes de recherche interdisciplinaires innovants, soulignant ainsi l’importance du lien entre recherche et formation pour les générations qui viennent. Cette collaboration garantit une transmission de connaissances et de compétences interdisciplinaires alignée avec les défis environnementaux actuels, assurant ainsi une préparation adéquate aux enjeux futurs de construction et d’habitation des villes.

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